2025 Bandafassi, SénégalAtelier IVSupervisé par Claude Fugère
Le projet prend naissance dans une lecture attentive du territoire de Bandafassi — un lieu traversé de flux invisibles mais puissants : déplacements entre montagne et plaine, cycles climatiques, gestes de la danse, rythmes de la musique Bédik. Rien n'y est immobile. Tout se transforme.
C'est de cette dynamique que naît le concept : le mouvement comme principe générateur. À l'image des musiques Bédik, construites sur des motifs simples qui se répètent, se déforment et évoluent, l'architecture repose sur une structure initiale claire qui se déploie et se recompose dans le temps. Une courbe directrice émerge de cette lecture. Elle relie les fragments du programme, absorbe les tensions du site, suit les sentiers existants et épouse le relief sans l'imposer. Elle ne dicte pas une forme — elle accompagne un mouvement déjà présent.
Cette courbe devient espace, puis volume. Elle s'étire, se plie, s'adapte. Elle produit une architecture en équilibre instable, toujours suspendue entre mémoire et devenir. Le projet interroge aussi la notion d'oubli — non comme une perte, mais comme une condition du changement. Transformer les savoirs sans les effacer. Faire émerger de nouvelles formes sans nier celles qui précèdent.
Le programme — centre d'interprétation culturelle, école des métiers, résidences et espaces publics — s'inscrit dans cette logique de fragments reliés par une même trajectoire. Les volumes s'organisent autour de cours ouvertes qui respirent avec le climat, créant des seuils entre intérieur et extérieur, entre collectif et intime.
Le projet ne cherche pas à représenter le territoire de Bandafassi. Il cherche à le prolonger — à devenir une forme habitée du mouvement, une architecture qui évolue, qui s'adapte, et qui laisse toujours place à l'imprévisible.